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Grandir en Bretagne ouvre certains angles de lumière qu’il est difficile de trouver ailleurs. C’est une sorte d’inspiration particulière, une éducation en quelque sorte, de l’œil, des perspectives, de la fluidité et de la mouvance, des sens. Il en découle un don, un savoir faire, un savoir regarder autrement, tout comme on touche de l’autre coté d’un voile une réalité tangible. C’est bien la raison pour laquelle la Bretagne a non seulement attiré nombre d’artistes mais en a vu naître tout autant.
Que peut-il en être lorsque l’on a grandi entre ces marées de clair - obscur changeantes, que la fibre naturelle incline à l’observation et à la sensibilité et que l’âme aspire à la nourriture éternelle ? Que peut-il en être lorsqu’enfant on parcourt sans cesse les landes jouant avec les ombrées dansantes des vents ? Que peut-il en être lorsque l’on porte en soi les appels aux rimes, les sons glanés aux paix profondes et le rêve fou de la beauté du monde ?
Il peut en advenir une âme curieuse d’ancestrales matières, plongeant ses doigts sérieux dans les feux alchimistes, une âme silencieuse à l’écoute du vent, aux murmures des vieux, où coulent doucement le sage et le savoir. Il peut en advenir une volonté farouche de dire ou de chanter, en pleurs ou en sourires les écueils de notre ici et maintenant.
C’est ainsi que l’on peut découvrir le travail d’Yves Marie Ollivier, alliant les tiges et les montants reconnus des passés savants, aux thèmes qui nous parlent et peuvent encore ouvrir pour nous les porte de la com-préhension (de prendre avec soi).
Yves Marie fait de magiques vitraux, son âme bercée des lumières natales, n’y est pas étrangère.
Il y met le cadre : c’est sous la protection des arbres, couvé des ramures du vent qu’il crée. Il attache patience à user du passé, des savoirs et des magies anciennes pour mettre en formes et lumières les thèmes les plus profonds, les plus audacieux de l’âme humaine.
Je ne vous dirai pas les portes solaires, tant ouvertes sur ardoises et plomb, je ne vous dirai pas les chouettes noctambules aux aubes des secrets, je ne vous dirai pas les mythes qui chevauchent les courbes des cerceaux. Il ne sert à rien de dire, il faut voir. Il faut voir la lueur se jouer des couleurs, les messagers vibrant comme un son qui se lève … Il faut voir, c’est de la poésie forgée dans le verre.
(Article paru sur le blog Sido)
sylviemerle36 ( @ ) gmail.com